Les potentiels et pouvoirs de l’âme dans son processus d’incarnation

Les potentiels et pouvoirs de l’âme dans son processus d’incarnation   

par Christina Sergi, PH.D. (Swami Christinananda)

Alors que nous entamons la fin de l’année 2018, nous clôturons cette période par la célébration de Noël qui est – au-delà d’une fête d’incarnation de Jésus –  un moment de reconnexion à notre être en tant qu’essence lumière, en tant qu’âme.  Cette reconnexion nourrit l’être et donne force évolutive au corps, au cœur et à la conscience pour poursuivre son chemin évolutif terrestre.

Dans l’univers du langage symbolique de l’âme, l’image d’un jeune enfant qui vient de naître représente la dimension sacrée, pure et lumineuse de l’être rempli de potentialités. L’adulte qui regarde l’enfant grandir se prend à imaginer le déploiement le plus beau et grandiose pour son devenir futur.  Mais ce que l’enfant deviendra une fois adulte n’est que la face visible de ce qu’il est dans son essence divine, c’est-à-dire en tant qu’âme incarnée, car au plan spirituel, l’accomplissement extérieur social ne signe pas nécessairement cette réalisation de l’âme.

 

À propos de L’âme

L’âme est cette énergie d’origine, source première de vie qui anime le corps. Cette énergie, lumière de vie, voyage d’en haut pour venir habiter le corps physique.  Son but est d’évoluer à travers les contraintes de la matière, car grâce à l’expérience terrestre, l’âme a la possibilité d’amplifier sa lumière et sa joie dans la manifestation de ses qualités et pouvoirs.

Dans les textes sacrés de l’Inde, on réfère à cette flamme en soi qui ne s’éteint jamais, qui existe au-delà  du temps et de l’espace mais qui est ici maintenant dans notre corps physique, cachée, dans le temple sacré du cœur.

Au plan spirituel, l’incarnation de l’âme est un grand privilège qui consiste à utiliser le corps, les sens et les habiletés personnelles pour la réalisation de l’âme. Comme on le sait, trop souvent, le savoir spirituel sur l’âme demeure caché et rangé dans l’ordre de la croyance religieuse, ce qui empêche plusieurs âmes de se déployer pleinement dans leurs incarnations. Elles sont bloquées par les croyances ou peurs du moi conscient, empêchant ainsi l’exploration et la reconnexion à la dimension spirituelle en soi. Les préjugés, les peurs, les mémoires douloureuses sont des facteurs qui empêchent le moi conscient de se rendre disponible à la voie (voix) de son âme, qui est un chemin d’harmonie et de plus grande unité avec soi et les autres…

La réincarnation / réincorporation de l’âme

Le corps physique a une durée limitée. Le voyage de l’âme durant une période d’une seule vie terrestre ne suffit souvent pas pour que l’âme vive une expansion de conscience pour se réaliser.  Selon les écrits orientaux, nous aurions la possibilité en tant qu’âme de vivre 108 vies dans un corps humain pour que l’âme se réalise pleinement. L’âme peut aussi s’accomplir en quelques vies seulement.  Le nombre est variable selon le rythme évolutif de chaque âme.

Même si l’âme est à l’origine une énergie d’amour et de lumière, elle peut être endommagée par les différentes expériences terrestres.  Les dommages faits à l’âme peuvent l’affaiblir et c’est pourquoi la première tâche de l’âme incarnée est de guérir certaines blessures de ses vies passées tels que des blessures de trahison, rejet, abandon, humiliation, injustice.

Sa guérison implique l’intégration ou l’apprentissage du pardon/réconciliation, de l’amour véritable, de la justice, de l’accueil ainsi que de la reconnaissance du divin en tout.

Une fois ces guérisons de l’âme effectuées, l’âme récupère de l’énergie perdue par les blessures et peut ainsi atteindre un autre niveau d’évolution et manifester ses facultés, dons innés et qualités spirituelles. L’âme gradue alors vers un nouvel état plus fort et lumineux, qui lui permet de canaliser son énergie vers son expansion et élévation verticale afin de se réaliser pleinement dans cette vie.

Ce processus de réalisation peut s’effectuer rapidement ou en plusieurs vies, cela dépend de l’intensité de la volonté personnelle. En effet, une fois que le je conscient canalise sa volonté personnelle vers sa divine réalisation, tout s’accélère et se concrétise plus aisément.

On retrouve cette volonté personnelle de réalisation dans les récits de saints ou encore dans le parcours de vie de Siddhârta devenu le Bouddha ou encore de Jésus devenu Christ, et qui sont des récits-types illustrant l’atteinte de la réalisation de l’âme durant son incarnation.

Le Yoga et l’évolution de l’âme

Dans son essence, le yoga peut conduire à cette réalisation au plan de l’âme. Les yogis ont transmis des enseignements pour incarner la dimension divine de l’être, afin de réaliser l’âme sur terre et transcender ce qu’ils nomment le cycle des morts et des renaissances. Ils enseignent aussi l’art de se désidentifier du moi conscient, de la part visible en soi pour découvrir les potentialités et sagesses innées de notre âme. Toutefois ici en Occident, on s’en tient surtout à la partie horizontale et visible du yoga, à savoir les postures physiques qui détendent, étirent ou mettent en forme le corps.  Bien que l’apport physique du yoga porte ses fruits et possibilités d’ouverture de la conscience, l’ignorance de l’âme et de la spiritualité demeurent.

Le yoga, c’est aussi l’art d’apprendre à reconnaître le divin en soi et de vivre en alignement avec cette force supérieure qui guide notre petit « je » conscient.  Le moi conscient, rationnel, tend à rejeter ses ressentis profonds, ses intuitions et les connaissances dont a soif l’âme pour évoluer.  C’est un drame de la condition humaine qui provient de l’excès d’identification au monde visible, au moi horizontal ainsi que du manque d’éducation sur l’âme qui génère aussi de la souffrance individuelle, sociale à l’échelle planétaire.

Que l’année 2019 apporte collectivement et mondialement lumière et divine connaissance. Que toute âme qui cherche la lumière soit libérée du joug de l’ignorance et trouve cette divine connaissance de lumière en Soi.

Om Shanti

© Christina Sergi, Ph.D.